Privé

L'envers du décor de Tom le cancre tourne au drame familial pour son actrice la plus jeune, Mila (Zoé / Poussière), et son père photographe du plateau (moi).

Divorcer

Mon ex-femme et moi nous nous sommes séparés au printemps 2010 et nous avions mis en place un garde alternée (un peu plus d'une semaine sur deux Mila était avec moi) depuis juin 2010. En juin 2011, juste avant le début du tournage de Tom le cancre, nous avions commencé des démarches pour un divorce par consentements mutuels fixant ce mode de garde.

Il faut dire que nous nous étions rencontrés en faisant des interventions en vidéo, mis ensemble à l'occasion d'un concours de courts-métrages où nous participions avec des travaux différents (sans s'être concertés), que Mila est arrivée très très vite ensuite.

C'est à l'initiative de sa mère que Mila et moi nous nous sommes impliqués dans la réalisation de ce long-métrage qui a pris tout l'été 2011. Début avril 2012 je me suis opposé à l'utilisation de l'image de Mila notre fille. J'étais ruiné et le producteur n'a rien voulu lâcher (il a pourtant payé d'autres intervenants). La pression a rapidement augmenté au point que je parte sur un sacré coup de cœur, emmenant avec moi Mila sans prévenir sa mère. 3 jours aux Saintes Maries de la mer pendant ma semaine de garde. J'ai répondu dans l'heure à son avis de recherche sur Facebook. Et de suite les gendarmes sont arrivés. Mila a ensuite été séquestrée et enlevée sans que je ne sache où à plusieurs reprises. En plus de 3 mois j'ai pu la voir que moins de 3 heures. C'est alors que j'ai reçu la requête en divorce demandant l'exercice exclusif de l'autorité parentale et que je ne vois notre enfant qu'en lieu médiatisé. À pates de velour je suis allé chercher Mila tôt un matin, profitant que la porte soit restée ouverte à cause du chat (coup de chance du vendredi 13 juillet). La garde alternée a repris place jusqu'à ce que l'ordonnance du juge ne tombe. En voici un passage à propos de l'exercice de l'autorité parentale :
« Compte tenu des conceptions opposées des parents sur la vie et sur l’éducation de leur enfant il convient de prévoir que la mère exercera seule l’autorité parentale. Cette décision n’est en aucun cas une sanction prise à l’encontre du père qui n’est pas déchu de l’autorité parentale. Il conserve le droit de surveiller l’entretient et l’éducation de l’enfant et devra être informé des choix importants relatif à la vie de ce dernier. »

Ma réponse au juge

Le lundi 22 octobre 2012


Votre honneur,

Qu’il vous plaise de reconnaître avec humilité que l’erreur est humaine, que votre honneur est de servir la justice et de ne pas être responsable de tenir avec orgueil une décision provisoire arbitraire injuste envers une enfant de 5 ans et de la relation avec son père.

Le manque de respect n’est pas respectable, et il est révoltant de constater que la simple vérité que je sois un bon père, pourtant attestée par divers témoignages, ne soit ni reconnue, ni respectée par votre jugement. Mais comment pourriez-vous reconnaître et respecter cette vérité sans en avoir été personnellement témoin? Ainsi la vie m’offre cette leçon d’humilité d’apprendre à être patient, de ne pas céder à la colère mais d’en utiliser l’énergie pour défendre ce que je sais être bon pour mon enfant.

Beaucoup de mensonges, d’hypocrisies, et de perversions se mêlent à cette affaire, vous leur accordez une place qui menace l’intérêt supérieur de notre enfant en abondant dans le sens de la requête de ma femme qui était à l’origine justifiée par mon manque de moyens, et qui est maintenant justifiée tout autrement pour octroyer l’exercice de l’autorité parentale à la mère, ainsi que d’empêcher qu’une fille vive simplement avec son père et sa mère en bonne intelligence, la mère refusant de se réconcilier tout en ne sachant pas quoi répondre à la question «qu’est-ce que tu veux?», ou en n’osant pas l’affirmer haut et fort. En effet il apparait que l’autorité parentale est un instrument que l’état donne, et reprend, et que l’enfant appartient pour notre société à un système judiciaire qui offre la possibilité de l’instrumentaliser pour ainsi «armer» un conflit de couple, de parents. De plus vous m’apportez la preuve de ce que je pressentais comme vrai ; la justice est un mythe, car l’injustice est réelle, et porte sur ce que j’aime le plus tendrement au monde. Je conçois que si vous lisez ceci, votre position vous rend sans doute incapable d’en prendre conscience, de le comprendre. La gestion des affaires familiales accompagne de nombreuses et profondes souffrances, et vous y participez. Je ne veux pas croire que vous soyez réellement satisfait d’exercer ainsi un tel pouvoir, une telle autorité. Pouvoir et autorité que je ne vous concède aucunement sur ce don de Dieu qui est ma conscience, et que ma parole, soit-elle utilisée, mise hors contexte, comme ce que vous avez désigné comme étant de la sincérité pour justifier votre décision, me permet de partager avec une détermination que l’adversité que vous m’offrez renforce encore.

Pour replacer dans le contexte «ce message [qui] a pu laisser penser qu’il cessait toute relation avec sa fille» je précise qu’il a été écrit peu après qu’une gendarme m’ait affirmé «vous ne pouvez pas garder votre fille». Ce que j’ai essayé d’accepter avec détachement mais qui s’est avéré m’être impossible lorsque mon frère Axel est venu me faire part de la mentalité dans laquelle évoluait la situation pour Mila. De nombreux gendarmes des Saintes Maries de la mer ont été témoins de mes réactions de colère (loin des yeux, mais pas du cœur) face à ce qui peut être désigné comme une discrimination tant sur le patrimoine que sur mon apparente appartenance à l’ethnie des gens du voyage, ce qui a d’ailleurs été affirmé encore par la suite le 16 mai et le 17 mai particulièrement sous l’autorité de l’adjudant Pages permettant à ma femme d’enlever Mila en vacances pendant que je déposais pour «violation de domicile», ce que votre décision fait apparaître comme un prétexte des plus litigieux au sujet du domicile conjugal. Ainsi ce ne sont pas tant les lois qui comptent, que la manière de les utiliser; n’est-ce pas une question qui touche à ce qui fait autorité, ou de qui en est dépositaire, comme pour Séverine dans sa classe à l’école primaire, ce gendarme, ou encore vous-même? Ce même adjudant, lors d’une enquête de voisinage, a dit dans ma galerie «ce n’est pas comme les manouches qu’on élève les enfants», je lui ai montré le portrait d’une enfant tsigane tenant un hérisson en répondant, «mais j’aime bien les manouches, moi», et je dois avouer que je me suis alors mal exprimé, comme cela m’arrive trop souvent, j’aurais dû dire ; «j’aime bien certains manouches, moi», ou encore «j’ai aimé partager un peu de vie avec ces manouches».

Pour ce qui est des «conceptions opposées des parents sur la vie et sur l’éducation de leur enfant» qui justifie la perte de mon exercice de l’autorité parentale, je considère que ce n’est ni plus ni moins qu’un argument appartenant à de la mauvaise foi. J’espère cependant que Hassan II n’a pas eu tout à fait raison d’affirmer qu’il ne faut pas perdre de temps à avancer des arguments de bonne foi face à des gens de mauvaise foi, d’où la présente. J’ai considéré en m’engageant dans le couple que nous formions avec Séverine Jullien que nous sommes complémentaires. Ce qui nous oppose à l’heure actuelle est sur l’exercice de mon autorité parentale sous la forme d’opposition à l’utilisation (exploitation illégale comme l’a confirmé Nadine Marzive de l’inspection du travail spécialiste des enfants) de l’image de Mila dans le long-métrage «Tom le cancre» réalisé par Manuel Pradal. Cette opposition ayant été affirmée avant votre décision, il me semble comme me l’a dit le conciliateur de justice M Rieux, qu’elle est toujours valable. Mercredi 31 octobre il y en a une projection à Montpellier, et comme par hasard ce jour-là je suis privé de la possibilité d’être avec Mila (née le 25 mars 2007 et non le 22 janvier) par vos soins. L’autre objet de conflit est depuis début aout l’inscription de Mila à l’école privée (et non publique) du village, et je regrette que ma précédente avocate ait pris l’initiative seule de repousser l’audience du 3 septembre à ce sujet. Pour ce qui est du conflit, autre que parental, qui s’est installé et développé dans notre relation de couple depuis le début je le résume ainsi : la seule solution face à Séverine Jullien que j’ai trouvé pour éviter le conflit avec elle est de me soumettre à sa domination, ce que je n’ai pas à accepter, et que vous n’avez pas conforter, d’autant plus quand ce désir de toute puissance nuit à l’intérêt de notre enfant, l’exacerbation du narcissisme opéré par l’entreprise d’un film de cinéma aidant. À ce sujet, est-ce que le fait d’avoir utilisé une quinzaine d’enfants au mépris des lois pour réaliser «Tom le cancre» ne sera pas «sanctionné», comme vous affirmez que je ne suis pas «sanctionné» par votre décision provisoire? Ce qui nous oppose Séverine et moi, c’est ce qu’elle a répondu à ma question «c’est quoi le droit d’exister?» et de ce qu’elle en fait encore : «le droit d’exister, c’est aussi le droit de tuer pour un criminel». Cependant lorsqu’elle est venue chercher Mila samedi dernier, j’ai vu à son langage corporel, ses expressions, que malgré la satisfaction qu’elle affirmait quant à votre décision, elle se sentait mal sous le regard des enfants. Je vous le dit en tant qu’expert, la photographie étant une passion depuis 20 ans, le portrait étant ma spécialité dans une pratique professionnelle depuis 18 ans, j’ai appris à voir les gens avec de plus empathie.

Lors de notre audience j’ai posé cette question à ma femme «est-ce que tu m’amèneras comme d’habitude Mila samedi matin?», le mot habitude faisant référence à la garde alternée mise en place depuis juin 2010, ce à quoi elle a répondu «oui, bien sûr». Vous n’avez pas reconnu ces trois mots comme signe de conciliation, je les avais repris ainsi «oui, bien sûr, merci». Vous avez ensuite prestement mis fin à l’audience, avec des gestes qui ne m’ont pas échappé. Ces mots ont été exprimés sans aucune menace de ma part. Les ignorez-vous volontairement? Est-ce un outrage que de vous les rappeler alors que vos gestes étaient comme une réaction à ce qui vous échappait alors que deux avocates ne nous séparaient pas assez à votre bureau? Pour reprendre le mot «menace» comme vous vous l’utilisez, j’avais utilisé la loi pour prévenir le dommage fait à Mila car Séverine nous séparait indûment, et ceci afin que la garde alternée reprenne place, ce qui s’est fait avec l’aide du gendarme qui m’a demandé combien de temps je voulais garder Mila le vendredi 13 juillet au matin, ce à quoi j’ai répondu «2 semaines» et Séverine avait tout loisir de lui rendre visite car d’aucune manière je ne m’y oppose, ce qui n’est pas réciproque, et ce qui est loin d’être un abus de ma part, mais un choix responsable il me semble, nous habitons assez proche l’un de l’autre pour rendre ces visites agréables, et même spontanées. Utiliser le texte de loi, ce n’est pas comme l’a affirmé M Nicolas Sarkozy «la prévention c’est tout d’abord la certitude de la sanction», car cette phrase pervertie le sens du mot «prévention», et je pense que ce que Confucius disait est vrai : «pervertissez le sens des mots, et vous perdrez la liberté».

En espérant que Mila ne souffre pas trop des perversions qui appartiennent à notre société de consommation (ou totalitarisme marchand par ses aspects les plus violents) et dont nous sommes tous victimes de par notre nature, sensibles, car personne n’en ait vraiment satisfait selon l’expérience et la conscience que j’en ai.


Si les mots ont un sens pour vous, veuillez recevoir l’expression de ma sincérité avec dignité.

J'en témoigne

En attendant que justice nous soit rendue, Mila souffre de cette situation, privée de son père aimant. Elle est pâle, je crois qu'elle a maigri, elle est plus souvent malade, elle a les yeux cernés. Elle a perdu confiance en elle au point de ne pas oser demander à sa maîtresse quand elle a envie d'aller aux WC, laissant des traces de caca dans ses petites culottes. Je veux en prendre soin. Je veux l'élever. Avant cela nous nous épanouissions ensemble. Elle rayonnait! Nous faisions l'école buissonnière tous les après-midi d'école. Et là je suis témoin de sa souffrance, et j'en souffre aussi. Ma colère est aussi profonde que l'amour que je lui porte. Et je suis impuissant. Je suis réduit à en n'être que le témoin, ayant perdu le quotidien avec elle, étant face au déni de sa mère. Seul face au déni de justice. Seul à m'opposer à la profanation qu'opère TOM LE CANCRE non seulement dans ma vie familiale, mais dans mon village, ma région, mon pays qui ne respecte pas le droit du père que je suis de veiller sur son enfant.